Projet Villages du Millénaire - La prise en charge nutritionnelle des enfants de Banikoara

 Prise des mesures anthropométriques (poids et taille) d’un élève dans une école à Banikoara (photo: PNUD Bénin)

Dans le cadre de la mise en œuvre du Projet d’appui à l’opérationnalisation des Villages du Millénaire (PVM), conjointement appuyé par le Gouvernement du Bénin, le Japon et le PNUD, la prise en charge nutritionnelle de plus de 3000 enfants est assurée à travers deux initiatives : les cantines scolaires et l’Initiative Ecoles Amies de la Nutrition (IEAN).  Pour atteindre ses objectifs en matière de nutrition des enfants, le PVM s’appuie sur les compétences du PAM, de l’UNICEF et de l’OMS.

 

Cantine scolaire

Selon une étude réalisée par le Programme Alimentaire Mondial (PAM), 3 enfants sur 10 dans la zone d’intervention du projet souffrent de la malnutrition chronique ou du retard de croissance. Les enfants vont très souvent à l’école à jeun et sans aucun sou pour se restaurer pendant la récréation. Cette situation influe négativement sur leur croissance, leur santé et leur scolarisation. Dans une approche intégrée, le PVM  prend en compte le développement des secteurs de l’agriculture, de la santé, de l’éducation, de l’eau et assainissement, du développement communautaire, du genre en vue de l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement dans les trois villages de Founougo A, Founougo B et Kanderou dans la commune de Banikoara, identifiée comme l’une des plus pauvres du Bénin. Ainsi, pour assurer le maintien des élèves à l’école et leur santé, un appui nutritionnel leur est apporté à travers les cantines scolaires. Sur les 27 écoles de la zone d’intervention du PVM, 16 écoles bénéficient de cantines scolaires. Au total, 2323 écoliers sont assistés sur le plan nutritionnel. Au début de chaque trimestre, le PAM fait une dotation de vivres (maïs, riz, haricot, huile enrichie à la vitamine A, sel iodé) aux écoles. Le PVM apporte un complément de vivres (huile, gari, tomates en boîte, sardines et sucre) Les initiatives de jardins et champs scolaires pour l’approvisionnement des écoles en fruits et légumes sont encouragées. Un recueil de mets locaux élaboré par le PAM est mis à la disposition des gestionnaires des cantines scolaires pour les aider à améliorer la qualité nutritionnelle des repas servis aux écoliers  et pour assurer une meilleure hygiène autour des repas.  Des restauratrices sont recrutées pour la préparation des mets pour les enfants. La gestion de ces cantines est assurée par l’Association des parents d’élèves et le comité de gestion des cantines scolaires. Les membres des comités de gestion des cantines scolaires reçoivent en début d’année scolaire des formations en matière de gestion de cantine.

 

Initiative Ecoles Amies de la Nutrition

L’Initiative Ecoles Amies de la Nutrition (IEAN),  quant à elle, a démarré en mars 2015 et a permis de prendre en charge 700 enfants dans quatre écoles à Kanderou Yabadou, Kokera, Nipouni et Wobiga. Une mission conjointe du Ministère en charge du développement, de l’équipe du projet PVM, de l’Institut Régional de Santé Publique et de l’OMS  avait permis  en octobre 2013 de mettre en place les dispositions préalables à l’intégration de l’IEAN à Kandérou, à savoir, obtenir l’adhésion des autorités départementales, communales et des directeurs d’écoles et la mise en place des comités IEAN de chaque école. Les enseignants et directeurs de chaque école ont été rencontrés et formés sur la prise des mesures anthropométriques (poids et taille) et le calcul de l’indice de masse corporelle (IMC), son interprétation à partir des fiches individuelles de suivi et de surveillance de la croissance de l’enfant ainsi que sur les principes de référence en cas de déviation par rapport à la norme. Le matériel anthropométrique (4 toises et 4 balances) a été mis à disposition par l’UNICEF. Par ailleurs, les vendeuses de nourriture ont été formées sur les règles de base d’hygiène et l’amélioration des repas servis aux enfants. Tous les mois, la Spécialiste en Santé du PVM, en collaboration avec les enseignants, parcourt les écoles pour prendre la taille, le poids et l’état général de tous les enfants. A partir de cette consultation, l’état nutritionnel de chaque enfant est identifié et consigné sur des fiches. Lorsque des cas de malnutrition et d’autres affections sont découverts, il leur est administré des médicaments appropriés (du vermifuge en cas de vers parasites, du fer et acide folique en cas d’anémie). L’enfant est par la suite confié à l’enseignant pour le suivi de son état en collaboration avec les parents.

 

Vu les résultats très encourageants de l’IEAN, il est envisagé à partir de la rentrée scolaire 2015-2016 son extension dans 28 écoles au lieu de 4 initialement ciblées, soit l’ensemble de la zone actuellement couverte par le PVM.