L’élimination du mariage des enfants - Une préoccupation des acteurs de la protection de l’enfance

 Zeynab Abib, Ambassadrice Nationale de bonne volonté de UNICEF Bénin, consolant une victime du mariage des enfants, lors de sa croisade contre le phénomène en juin 2015 à Bohicon (Photo: UNICEF Bénin)

La Journée de l’Enfant Africain 2015 a été célébrée le 16 juin à Cotonou avec pour thème l’élimination du mariage des enfants en Afrique. Au Bénin, le mariage des enfants est encore pratiqué à grande échelle en zone rurale, particulièrement au nord du pays. En effet, une fille sur 10 âgée de moins de 15 ans et 3 filles sur 10 âgées de moins de 18 ans sont victimes du mariage des enfants (enquête à indicateurs multiples - MICS 2014).

 

Ce mariage trop précoce, qui prive les filles de leur enfance, s’accompagne presque systématiquement de déscolarisation et constitue un risque de mortalité majeur.

 

Au Bénin, une future maman sur cinq qui meurt au cours de sa grossesse (souvent des suites d’avortements clandestins) ou de l’accouchement est une enfant.

 

Au terme du Panel de haut niveau ayant marqué cette commémoration, Oumarou Banni Guéné, Directeur de Cabinet du Ministère en charge de la Famille, a lancé un appel pour l’organisation d’une rencontre nationale des acteurs de la protection de l’enfant. « Cette rencontre visera à élaborer une feuille de route pour l’élimination du mariage des enfants au Bénin » a-t-il précisé.

 

Le 17 juin, l’Ambassade des Pays-Bas près de Bénin, a réuni également, autour d’un déjeuner débat la société civile, le Gouvernement, les partenaires techniques et financiers, les leaders religieux de toutes les confessions du Bénin sur le thème.

 

Les conclusions des deux réunions ont alimenté une réflexion le 1er juillet à l’UNICEF. Plusieurs recommandations ont été formulées, entre autres, promulguer le Code de l’Enfant ; criminaliser le mariage des enfants ; placer le mariage des enfants au cœur de la Journée Internationale de la Fille ; créer un cadre de concertation multisectoriel sur le mariage des enfants ; organiser des dialogues communautaires sur le sujet ; réaliser une cartographie des acteurs et interventions sur la thématique.

 

« Bien que le Bénin ne se trouve pas sur la liste des 20 pays ayant les taux les plus élevés de mariage des enfants dans le monde, il est urgent d’agir » a indiqué le Dr Koudaogo Ouédraogo, Représentant de l’UNFPA au Bénin.

 

Pour Isabelle Bardem, Représentante Adjointe de l’UNICEF, « le mariage des enfants est une violation de leurs droits, pour les filles aussi bien que pour les garçons. Il constitue la forme la plus répandue de maltraitance sexuelle et d’exploitation des filles et demeure une dure réalité pour des millions d’enfants ».