Dialogue sur la planification du développement en Afrique: Les experts en développement appelés à la révolution des données statistiques

 Les participants au dialogue de haut niveau

Cotonou, le 7 juillet 2015 : «Incidences de la révolution des données sur la planification du développement en Afrique», tel est le thème du dialogue politique de haut niveau, qui réunit du 7 au 8 juillet 2015 à Cotonou, les spécialistes de la planification du développement du continent africain, le NEPAD, les responsables de l'Union Africaine et des Nations Unies. Organisée par la Division pour le renforcement des capacités de la Commission Economique pour l’Afrique (CEA), en collaboration avec le Centre africain pour la statistique (ACS). Cette rencontre offre l’opportunité de discuter des défis de l’intégration des données crédibles dans le processus de planification en Afrique.

 

Après les mots de bienvenue de Monsieur Adeyemi Dipeolu, Directeur de la Division du renforcement des capacités de la CEA, ce fut le tour de Madame Rosine Sori Coulibaly, Représentant Résident du PNUD et Coordonnateur Résident du Système des Nations Unies au Bénin de délivrer son allocution. Elle a remercié le Gouvernement du Bénin pour avoir accepté d’abriter ce dialogue politique et la Commission Economique pour l’Afrique des Nations Unies pour avoir associé toutes les institutions productrices et utilisatrices des statistiques. « Les estimations de croissance économique de l’Afrique pour 2014 et 2015 sont projetées respectivement à 5,8% et 6%, ce qui rend le continent l’une des régions les plus dynamiques au monde. Nonobstant cette évolution favorable de la croissance économique, d’importants défis restent à relever au niveau du continent », a indiqué Madame le Coordonnateur Résident du SNU. Au nombre de ces défis, il est à noter la durabilité de la croissance économique, la nécessité d’une croissance inclusive, afin de ne pas marginaliser les couches vulnérables, l’impact environnemental de la croissance à long terme, y compris son effet sur le changement climatique.

Dans la perspective de l’adoption, en septembre prochain par la communauté internationale, des Objectifs de Développement Durable, Madame Sori Coulibaly a appelé les experts en développement à la mise en œuvre des recommandations du groupe consultatif d’experts indépendants mis en place par le Secrétaire Général des Nations Unies. Il s’agit de : la mise en place d’un consensus mondial, sur les principes et les normes applicables pour les données, la mise en place de réseaux pour l’innovation et l’analyse des données, l’identification de nouvelles sources de financement novateur pour appuyer les capacités nationales et l’exploitation des solutions rapides et efficaces pour recueillir et explorer les données sur les ODD.

 

A la cérémonie d’ouverture du dialogue, Monsieur Fulbert Amoussouga-Géro, intervenant en sa qualité de Président du comité scientifique du Conseil National de la Statistique et de Ministre d’Etat, à la Présidence de la République Chargé de la Coordination des Politiques de mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le Développement, des Objectifs de Développement Durable et des Grands Travaux a mis en évidence le rôle de la statistique dans la formulation des objectifs de développement. « 2015 marque un tournant décisif dans le processus de développement en Afrique », a-t-il déclaré. Si les OMD ont aidé à démocratiser le débat sur le développement et à mieux responsabiliser les décideurs publics, le bilan est toutefois mitigé au regard des insuffisances notées, en ce qui concerne d’une part, l’assimilation et l’appropriation des OMD par les acteurs nationaux et d’autre part, l’existence des données et leur fiabilité pour la prise de décision. Il a laissé entendre que les ODD se veulent plus exigeants en matière de mesure des indicateurs et de suivi-évaluation. A cet effet, il a invité, les participants à faire un diagnostic des systèmes nationaux de statistiques et à relever les défis d’une révolution des données. Enfin, il a insisté sur la nécessité de doter les systèmes statistiques nationaux de budget conséquent, et sur l’utilisation des technologies de l’information et de la communication pour rationaliser les coûts liés à la collecte des données.

 

La clôture des travaux du dialogue de haut niveau est prévue pour le 8 juillet 2015 et aboutiront à des recommandations entre autres sur l’intégration de la révolution des données dans les structures et programmes selon des cibles et objectifs bien définis aux niveaux continental, sous –régional et national.