Le Bénin se prépare à l'adoption des Objectifs de Développement Durable et la participation à la COP 21

 Le presidium: le Représentant de la FAO, le Coordonnateur Résident du SNU, le Ministre d’Etat à la Présidence de la République chargé de la Coordination des politiques de mise en œuvre des OMD, ODD et Grands travaux, et le Représentant de l’UNFPA (photo: PNUD Bénin)

Le 20 juillet 2015, le Ministère en charge des Objectifs du Millénaire pour le Développement et les Objectifs de Développement Durable (ODD) en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), avec la participation des agences sœurs des Nations Unies dont l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), a organisé un séminaire de réflexion sur les enjeux de l’agenda de développement post-2015 et de la 21ème Conférence des parties de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP 21).

 

Trois sessions d’information subdivisées en une dizaine de communications ont nourri les échanges au cours du séminaire. La première session a porté sur les ODD : choix, enjeux et processus d’adoption et a permis d’évaluer l’ampleur des défis liés aux ODD. A rappeler que les ODD comportent 17 objectifs, déclinés en 169 cibles et plus de 300 indicateurs en cours de discussion. Leur mise en œuvre sur une période de 15 ans nécessite un financement supplémentaire de 2 500 milliards USD par an, a indiqué Rosine Sori Coulibaly, utilisant les sources de la CNUCED. « La population mondiale  augmente chaque jour de 200 000 personnes », a affirmé Dr Koudaogo, Représentant de l’UNFPA au Bénin. En Afrique, la mortalité est en baisse, tandis que le taux de fécondité est élevé. Au Bénin, le taux de croissance démographique est estimé à 3,5% par an. Cette croissance démographique induit une forte demande de services sociaux. Dr Koudaogo a invité les décideurs à prendre des actions politiques fortes pour améliorer la qualité de vie des populations.

 

Lors de la 2ème session,  consacrée au financement des ODD, Daniel N’Doye, Economiste Résident de la Banque Africaine de Développement (BAD), a évoqué la situation du Bénin, qui a lancé un programme d’investissements structurants ambitieux, pour faire passer le taux d’investissement de 19 % en 2014 à 27 % d’ici 2018. Pour financer de façon efficiente et durable les projets de développement, il a proposé d’augmenter les ressources intérieures et les revenus extérieurs, de rechercher de ressources concessionnelles et non concessionnelles. Depuis 10 ans, les recettes fiscales s’améliorent au Bénin et s’évaluent à 800 milliards FCFA en 2014. Toutefois, elles sont insuffisantes pour soutenir le développement aux dires de Janvier Alofa, Economiste National du PNUD. M. Alofa a évoqué des niches sur lesquelles le pays peut s’appuyer pour élargir son assiette fiscale, comme le renforcement de la fiscalité relative à la TVA et l’amélioration de la qualité de la dépense publique. Les financements innovants, comme les taxes sur le trafic aérien et maritime et les taxes sur les transactions financières, peuvent être aussi explorés, a ajouté Cyriaque Edon, Directeur de la Planification et de la Prospective (DPP) du Ministère en charge des Objectifs du Millénaire pour le Développement et ODD.

 

La 3ème session  a abordé la question de  la durabilité dans le cadre de la COP 21. Le Bénin n’est pas un pays émetteur de gaz à effet de serre, mais subit, comme d’autres pays d’Afrique subsaharienne, les effets des changements climatiques. El Hadji Fall, Economiste principal du PNUD a présenté les enjeux des négociations en cours pour un accord global à cette conférence. En matière d’agriculture durable, plusieurs défis se profilent à l’horizon pour les prochaines décennies. Les changements climatiques auront des effets sur l’agriculture, par ailleurs la forte poussée démographique va entraîner une pression sur les ressources naturelles. Pour y faire face,  Tiemoko Yo, Représentant de la FAO au Bénin, a indiqué que « la nouvelle agriculture doit être productive, compétitive et respecter les normes écologiques ». 

 

Ce séminaire a connu une forte participation des cadres des différents ministères sectoriels, des députés à l’Assemblée nationale, des partenaires techniques et financiers et des représentants de la société civile.