Journée Mondiale de l'Alimentation 2015 : Assurer la protection sociale des paysans pour vaincre la faim et la pauvreté

« Avec ces nouveaux dons de la FAO, les femmes de mon groupement et moi-même, allons reprendre les activités agricoles suspendues depuis les dernières inondations qui ont emporté tous nos biens ». Ainsi a parlé Reckya Kotedji, Secrétaire générale du groupement féminin Sourou Badou de Guéné1. En ce début d’après midi ensoleillé du jeudi 16 octobre 2015, la sécrétaire générale de ce groupement bénéficiaire de dons de la FAO se confond en remerciement à l’endroit de la FAO. Comme elle, 33 autres responsables de groupement féminin ou d’association de femmes productrices ont bénéficié des dons e la FAO lors des manifestations de la journée mondiale de l’alimentation (JMA) de l’année 2015 autour du thème de la protection sociale à apporter aux agriculteurs afin de briser le cercle vicieux de la pauvreté rurale.

 

Le cas de la vulnérabilité de Reckya Kotedji et des milliers d’autres femmes de cette région du Bénin du fait des inondations n’est pas différent de celui des autres 805 millions de personnes  victimes de la faim dans le monde. Et c’est pour les 805 millions de personnes victimes quotidiennes et quasi silencieuses de la faim dans le monde que l’organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a osé une exhortation à l’endroit des décideurs pour l’adoption de véritables politiques de protection sociale qui, associées à l’agriculture permettraient de briser le cercle de la pauvreté rurale. C’est l’idée même du thème de la journée mondiale de  l’alimentation 2015. « Protection sociale et agriculture : briser le cercle vicieux de la pauvreté rurale ».« C’est pour montrer le lien important qui existe entre l’éradication de la famine, la lutte contre la pauvreté et la protection sociale des agriculteurs que la FAO a choisi le thème de la protection sociale pour célébrer la JMA de cette année » a précisé Tiémoko Yo, Représentant résident de la FAO au Bénin. Ce 16 octobre donc à Guéné dans la commune de Malanville, localité retenue par le gouvernement du Bénin pour accueillir les manifestations de la journée mondiale de l’alimentation 2015, aura été une occasion solennelle de rappeler les devoirs et obligations des pouvoirs publics envers les populations rurales parmi lesquelles on dénombre la grande majorité de personnes pauvres et souffrant de la faim. Et Guéné, au cœur de la commune de Malanville est tout un symbole, preuve évidente de la souffrance des populations qui, du fait des inondations répétées, perdent année après année, bétails, vies humaines, semences, récoltes, cultures mais qui résistent peut être parce que n’ayant pas d’autres choix.  Et toutes les autorités présentes ministre, député, cadres de l’administration, ont reconnu la justesse des idées véhiculées par la FAO à travers ce thème pour la JMA 2015.

 

 

Malanville, une commune durement éprouvée

 

C’est le maire de la commune de Malanville Dandakoué Inoussa, qui rendra publique l’ampleur de la catastrophe des inondations: 9641 hectares de riz, maïs, piment, sorgho, tomate, mil, oignon, gombo, haricot, arachide… ont été emportés par la crue du Niger dans 54 villages, le tout pour un montant de 2, 25 milliards. A cette liste du désarroi, le représentant résident de la FAO au Bénin a répondu que « des mesures de protection sociale sont nécessaires pour sécuriser les agriculteurs familiaux et les aider à lutter contre les nombreux risques auxquels ils sont exposés, dont les risques de catastrophes naturelles qui sont devenus fréquents avec le changement climatique, notamment dans cette partie du Bénin où nous assistons de façon cyclique à des inondations et des sécheresses, entraînant d’énormes dégâts aux exploitations agricoles. » C’est pourquoi, la FAO apporte sa contribution en octroyant des matériels, des intrants agricoles, des semences, des engrais pour renforcer la capacité de résilience de ces populations agricoles face aux dégâts saisonniers des inondations.  Inondations cycliques qui justifient l’initiative du projet d’ « assistance à la relance des activités productives des ménages affectés par les inondations de Malanville et Karimama» dénommé « Osro/Ben/402/Afdb » financé à 460 millions de francs CFA par la Banque Africaine de Développement (BAD)  et grâce auquel, en marge des manifestations de la JMA 2015, la FAO a fourni aux populations sinistrées 400 tonnes se semences certifiées de riz et de maïs, 2550 boîtes de semences de tomates, de piment et d’oignon, 170 tonnes d’engrais, des petits équipements agricoles comme les pelles, les coupe-coupe, les râteaux. Mieux encore, Ce projet a permis de vacciner et déparasiter le bétail des deux communes, soit 35000 bovins et 35.000 ruminants

 

En décembre 2015, a promis le représentant résident de la FAO au Bénin, l’organisation des nations unies se chargera de relancer la production de pommes de terres dans la région par l’octroi annoncé de semences certifiées de pomme en même temps qu’elle soutiendra les pisciculteurs de la région par la mise à dispositions d’alevin et d’aliments de poisson. Comme pour dire, si besoin en était encore, qu’il est plus que jamais l’heure d’apporter des solutions directes d’appui et de protection sociale dans le monde rural est la clé pour sécuriser les agriculteurs familiaux et les aider à lutter contre les risques divers qui compromettent leur épanouissement.