PNUD - Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté - Le Projet Villages du Millénaire, une contribution à la réduction de la pauvreté au Bénin

 Les agriculteurs de Djadja formés sur les méthodes de fertilisation biologique des sols pour l’amélioration de leur rendement agricole (Photo: PNUD Bénin)

Le 17 octobre 2015, la communauté internationale a célébré la Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté autour du thème : "Construire un avenir durable : S'unir pour mettre fin à la pauvreté et à la discrimination." Cette journée est une occasion de rendre hommage aux personnes vivant dans la pauvreté, mais aussi de reconnaître le travail de tous les partenaires, qui œuvrent dans le domaine de la lutte contre la pauvreté. A cet effet, nous vous proposons un aperçu du Projet Villages du Millénaire de Banikoara, qui reçoit l’appui du Gouvernement du Bénin, de la Mairie de Banikoara, du Japon et du PNUD.

 

Le Projet Villages du Millénaire (PVM) est l’un des projets conjointement appuyés par le Gouvernement, le Japon et le PNUD pour réduire la pauvreté au Bénin en s’inspirant de l’expérience régionale des Villages du Millénaire. Pour démarrer son expérience, le Bénin a choisi, à titre pilote, le groupe de villages composés de Kandérou, Founougo A et Founougo B de la commune de Banikoara, identifiée comme l’une des plus pauvres des 77 communes du pays.

 

La mise en œuvre du PVM a contribué à l’amélioration des conditions de vie d’environ 15 000 personnes dans l’ensemble des trois villages concernés et d’améliorer la satisfaction de leurs besoins vitaux. Le projet a contribué durablement à la lutte contre la pauvreté par l’augmentation des revenus et l’amélioration des conditions de vie des ménages selon des processus qui engagent leur participation et leur responsabilité.

 

Durant la première phase du PVM Banikoara (2011-2013), plusieurs actions ont été réalisées dans le domaine de l’agriculture, de l’éducation, de l’autonomisation des femmes, de la santé, de l’environnement durable (accès à l’eau, énergie et assainissement). Pour atténuer la pauvreté des populations en majorité agricole, l’accent a été mis sur l’appui aux activités génératrices de revenus.

 

Les  différents appuis apportés ont permis l’amélioration des rendements des cultures telles que le maïs et le riz et, par ricochet, l’amélioration de la production céréalière et des revenus des coopérateurs appuyés.

 

Avant la mise en œuvre du Projet Villages du Millénaire (PVM), les producteurs faisaient face à des difficultés liés au faible rendement de leurs productions, au point où ils n’arrivaient pas à satisfaire leurs besoins alimentaires. Grâce aux différents appuis techniques et matériels qui leur sont apportés, le rendement du maïs est passé de 1,2 à 2,1 tonnes à l’hectare en moyenne. Dans les ménages, les populations ont suffisamment de vivres pour leur sécurité alimentaire et commercialisent les excédents pour se procurer de l’argent.

« Je suis producteur agricole dans le hameau de Djadja. Je cultive du maïs, du coton et du riz. Avant l’arrivée du PVM, je faisais face à de grandes difficultés. Mes revenus étaient très faibles. Je produisais, mais le rendement était médiocre. Je récoltais à peine 4 sacs de 100 kg de maïs sur 0,25 ha. Aussi, devais-je me rapprocher des producteurs agricoles pour avoir des intrants. Aujourd’hui, je récolte 24 sacs sur un hectare de culture. En dehors de cet avantage, le PVM nous a construit un magasin pour le stockage de nos produits agricoles. Il a facilité notre accès au crédit auprès d’une institution de microfinance», raconte Orou, Secrétaire de la Coopérative de Djadja. 

 

Est considérée comme pauvre toute personne vivant avec moins de 1,90 dollar US, soit environ 950 francs CFA par jour. La pauvreté ne se limite pas seulement au manque de revenu, mais c'est aussi, entre autres, l'absence d'opportunités, le manque d'accès à l'éducation, aux soins de santé et à une alimentation suffisante et saine, etc. Raison pour laquelle le PNUD encourage le développement humain, durable et inclusif pour réduire la pauvreté dans toutes ses dimensions.

 

Les appuis apportés par le PVM dans le domaine de l’éducation ont permis l’amélioration du taux de scolarisation des enfants. Le nombre d’enfants scolarisés est passé d’environ 2000 enfants à plus de 5000. Quant à la qualité de l’éducation, elle s’est également nettement améliorée depuis 2012. Plus de 5 écoles ont un taux de réussite au Certificat d’Etudes Primaires de 100%.

 

En matière d’accès des populations à l’eau potable  et à l’assainissement, 22 nouveaux forages ont été réalisés faisant passer le nombre de forages de 6 en 2001 à 28 en 2014. Les populations, qui ne disposaient pas de latrines et déféquaient dans la nature, disposent aujourd’hui de 104 cabines de latrines dans les écoles et lieux publics. Elles disposent également de l’énergie solaire, portant le nombre de personnes ayant accès à l’électricité de zéro en 2011 à plus de 7 500 en 2014.

 

Si les progrès du PVM sont à saluer dans la commune de Banikoara, il est important pour les populations bénéficiaires d’en consolider les acquis pour ne pas retomber dans le cercle vicieux de la pauvreté.