Le SNU et les partenaires mobilisés aux côtés du Gouvernement du Bénin contre les violences faites aux femmes

 Une fille victime de violence témoigne (Photo: UNFPA Bénin)

Répondant à l’appel du Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, à « promouvoir une égalité pleine et entière entre les sexes et édifier un monde dans lequel les femmes et les filles seront en sécurité », le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), en partenariat avec les structures bilatérales et multilatérales, membres du groupe thématique Genre et Protection Sociale (Ambassade des Pays-Bas, Oxfam Québec, Care International, Plan Bénin, etc.) et la partie nationale, notamment l’Office Central de Protection des Mineurs (OCPM) et le Ministère en charge de la Famille et de la Protection sociale, ont uni leurs forces pour soutenir la lutte contre les violences basées sur le genre au Bénin pendant 16 jours d’activisme, du 25 novembre au 10 décembre 2015.

 

Lors de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes (25 novembre), qui a marqué le lancement des manifestations, le Dr Koudaogo Ouedraogo, Représentant Résident de l’UNFPA, a salué les efforts en cours et appelé le Gouvernement du Bénin à soutenir les engagements pris dans le cadre du nouveau Programme de développement durable à l’horizon 2030 pour « l’élimination de toutes formes de violences  à l’encontre des femmes et des filles ». Il a également rappelé le combat de l’Union africaine contre les mariages précoces.

Cette journée, présidée par la Ministre de la Famille et de la Protection Sociale, Honorine Attikpa, a aussi été l’occasion pour l’assistance d’entendre plusieurs témoignages de victimes survivantes de violences basées sur le genre (VBG) et de différents responsables d’ONG, démontrant la nécessité de poursuivre le renforcement de la prise en charge et les actions de sensibilisation.

Toujours dans le cadre du lancement de la campagne « 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes », une plateforme électronique de dénonciation de ces violences a été officiellement présentée à l’assistance par la Ministre en charge de la Famille.

 

Une formation sur les procédures opérationnelles standards (POS) pour lutter efficacement contre les VBG a été dispensée aux acteurs concernés, avec l’appui de l’UNFPA, afin de renforcer la collaboration interinstitutionnelle, interdisciplinaire et multisectorielle, et ainsi améliorer la prévention et la prise en charge de ces violences.

 

Au total, plus de 300 personnes, en majorité des filles, femmes et garçons, victimes survivantes de violences, mais aussi des représentants d’ONG œuvrant pour la défense des droits des femmes (IFMA, ZONTA International, RIFONGA, CIPCRE), des partenaires techniques et financiers, des ministères et administrations béninois et, évidemment, des agences du SNU impliquées dans la lutte contre ces violences (UNFPA, PNUD, UNICEF, etc.), étaient présentes, tous vêtus d’orange, lors de la manifestation officielle du 25 novembre 2015.

 

Les agences des Nations Unies ont poursuivi leurs actions tout au long de la campagne d’activisme. Ainsi, l’UNICEF Bénin s’est rendu à Lusaka (Zambie), pour le premier Sommet Africain de la Fille, organisé par l’Union Africaine.  La Représentante de l’UNICEF au Bénin, Dr Anne Vincent, a saisi cette opportunité pour appeler les dirigeants béninois à promulguer « d’urgence » le Code de l’Enfant, « afin de doter le pays d’un cadre légal interdisant le mariage des enfants ». En prévision de ce sommet, l’UNICEF Bénin avait engagé un dialogue avec la société civile sur le sujet peu auparavant.

 

En collaboration avec l’OCPM et le Ministère en charge de la Famille, le PNUD a formé les Officiers de Police Judiciaire (OPJ), administrateurs désignés de la plateforme électronique de dénonciation des VBG, sur les modalités de son fonctionnement et de son administration. Le PNUD a par ailleurs mené une campagne de sensibilisation à l’attention des populations afin de promouvoir l’utilisation de cette plateforme.

 

Enfin, l’UNFPA a concentré ses actions sur la vulgarisation et la dissémination des procédures opérationnelles standards (POS) de prise en charge des VBG et l’appui à l’opérationnalisation des comités de suivi et de veille mis en place dans différentes communes du Borgou-Alibori, du Mono-Couffo et de l’Atlantique pour l’implication des hommes dans la protection des droits des femmes et des filles.

 

Au-delà de ces 16 jours d’activisme qui ont permis de mettre un accent particulier sur la lutte contre les violences faites aux femmes, l’égalité de genre est un engagement quotidien de toutes les agences des Nations Unies, qui s’efforcent d’intégrer cette dimension dans l’ensemble de leurs activités et projets. 

 

 

Une plateforme numérique de dénonciation des VBG

Financée sur le Fonds d’Innovation du PNUD, la plateforme numérique de dénonciation www.stop-vbgbenin.org donne la possibilité à toute victime ou témoin de dénoncer un cas de VBG sans avoir à se rendre dans un centre de promotion sociale. Elle donne la possibilité de soumettre un cas de VBG via plusieurs canaux : par sms en envoyant un message ou en laissant un message vocal aux numéros 67 67 33 26 ou 95 33 43 43 ou en envoyant un e-mail à l’adresse :
denonce@stop-vbgbenin.org.

Une application mobile (disponible pour Android uniquement), téléchargeable sur le PlayStore, a également été mise en place : elle permet de compléter le message de dénonciation par des éléments de preuve (audio, vidéo ou photo).

Cette plateforme permet un signalement rapide des violences pour permettre aux organismes concernés de fournir à la victime une assistance sanitaire, juridique, psychologique ou sociale au plus tôt. Elle  facilite par ailleurs la collecte de données, et donc la production de statistiques, sur les violences faites aux femmes au Bénin. Enfin, la plateforme permet de faire le suivi des dossiers de dénonciation.

Les responsables des centres de promotion sociale de l’Alibori, zone pilote de la plateforme, de même que les responsables de l’OCPM à Cotonou, ont été désignés comme administrateurs de la plateforme afin d’assurer le fonctionnement régulier et exploiter les messages envoyés pour le suivi et la prise en charge des victimes. Aussi, les centres  pilotes seront renforcés en équipements de connexion internet afin de rendre plus efficace l’exploitation de cette plateforme.