Au Bénin, trois filles sur 10 sont mariées avant 18 ans - Agissons ensemble pour éliminer ce fléau

A l’occasion du 1er Sommet Africain de la Fille, organisé par l’Union Africaine à Lusaka, en Zambie, la Représentante de l’UNICEF au Bénin, Dr Anne Vincent a appelé à accélérer les actions pour éliminer le mariage des enfants.

 

« Au Bénin, 1 fille sur 10 est mariée avant 15 ans et 3 sur 10 avant 18 ans. C’est inacceptable ! », a déploré Dr Anne Vincent à son retour de la rencontre.

 

Réunissant les leaders africains, des organisations humanitaires, des représentants de la société civile et d’agences des Nations Unies, les discussions du 1er Sommet Africain de la Fille ont abouti à la rédaction de nombreuses recommandations, parmi lesquelles :

· Redoubler les efforts pour éliminer le mariage des enfants d’ici 2030 ;

· Faciliter un large mouvement social dans tous les pays, à tous les niveaux, régional et local, avec la participation des jeunes, des leaders traditionnels et confessionnels, des leaders des communautés, des Gouvernements et des partenaires de la société civile, des parents et des personnes âgées pour mettre fin au mariage des enfants ;

· Concentrer les interventions pour garder les enfants à l’école jusqu’à 18 ans ;

· Garantir un financement adéquat et durable pour soutenir les enfants mariés et lutter contre ce fléau.

La Représentante de l’UNICEF au Bénin a souligné que « les mauvais traitements perpétrés contre les enfants, notamment le mariage forcé avant 18 ans restent trop souvent passés sous silence ».

 

« L’impunité reste la norme plutôt que l’exception. Il faut que les dirigeants béninois promulguent d’urgence le Code de l’Enfant afin de doter le pays d’un cadre légal interdisant le mariage des enfants. Le droit doit s’appliquer », a-t-elle martelé. « Au cours des discussions, le maintien des filles à l’école jusqu’au secondaire s’est avéré essentiel pour réduire le mariage avant 18 ans et diminuer les risques de grossesse précoce, qui trop souvent aboutit à la mort de la jeune fille ou à son invalidation par une fistule obstétricale. Nous devons aussi impliquer les garçons et les hommes dans la mobilisation contre le mariage des filles», a plaidé Dr Anne Vincent.

 

Dans toute l’Afrique, le pourcentage de femmes mariées pendant leur enfance a baissé, passant de 44 % en 1990 à 34 % aujourd’hui. Parce que la population totale des filles devrait augmenter, passant de 275 millions aujourd’hui à 465 millions d’ici 2050, on estime que même un doublement des taux de réduction du mariage des enfants ne suffirait pas à inverser la tendance globale et, ne permettrait pas, à terme, son élimination. Des mesures bien plus ambitieuses sont nécessaires.

 

Quand les enfants sont mariés, leurs perspectives de mener une vie saine et réussie diminuent considérablement, enclenchant souvent un cycle de pauvreté intergénérationnel. Les filles mariées pendant leur enfance ont moins de chances d’achever leur scolarité, risquent davantage d’être victimes de violences et d’être infectées par le VIH. Les enfants de mères adolescentes ont un plus grand risque d’être mort-nés, de décéder juste après la naissance ou d’avoir un poids insuffisant à la naissance. Les filles mariées pendant leur enfance sont souvent dépourvues des qualifications nécessaires pour trouver un emploi.

 

« L’engagement doit être total car la violence à l’égard des enfants détruit non seulement les filles et les garçons qui la subissent mais elle déchire le tissu social, le bien-être et la prospérité de la société », a conclu la Représentante de l’UNICEF au Bénin.