ONUSIDA - Renforcer la collaboration intersectorielle pour mener une lutte efficace contre le sida au Benin

 Le présidium: Le Ministre de la santé, la Représentante de l’UNICEF et la Directrice Pays de l’ONUSIDA (photo: ONUSIDA Bénin)

Les manifestations marquant l’édition 2015 de la Journée Mondiale de lutte contre le VIH/SIDA se sont déroulées le 1er décembre au Palais des Congrès à Cotonou.

 

Placée sous la présidence du Ministre de la Santé, Dr Pascal Dossou Togbe, cette journée a coïncidé avec la neuvième session du Comité National de Lutte contre le Sida (CNLS). Plusieurs Représentants des Agences des Nations Unies, notamment ceux  de l’ONUSIDA, de l’OMS, du PNUD, de l’UNFPA et de l’UNICEF, y ont pris part entourés des acteurs de la lutte anti-Sida, les personnalités religieuses ainsi que les personnes vivant avec le VIH (PVVIH).

 

D’entrée, souhaitant la bienvenue aux participants, la Secrétaire Exécutive du CNLS a donné les grandes orientations de la cette neuvième session. En effet, Dr Sonia Boni a rappelé que l’assise répond à une obligation statutaire et constitue l’instance nationale de décision et d’orientation pour la réponse nationale à l’épidémie du Sida car elle offre l’occasion pour les acteurs et partenaires engagés aux côtés de  l’Etat, d’apprécier les progrès réalisés, d’analyser les défis et de définir les nouvelles orientations. A souligner que d’importants résultats ont été réalisés ces dernières années au Bénin dans le cadre de la lutte contre le Sida dont le maintien de la stabilité du taux de prévalence du VIH/Sida à 1,2% au sein de la population béninoise. Cependant, ces résultats, bien qu’appréciables, ne doivent pas, de l’avis de la Secrétaire Exécutive du CNLS, nous faire oublier les nombreux défis qui continuent à nous interpeller. C’est pourquoi dans la perspective de mettre fin à l’épidémie, l’ONUSIDA invite à accélérer la riposte à travers les objectifs 90-90-90 auxquels le Bénin souscrit. Ces objectifs posent le défi de l’accroissement du taux de dépistage et de prise en charge. Ils requièrent de bâtir une réponse plus efficace avec des stratégies et interventions innovantes, à haut impact, dans les domaines de la prévention, du traitement, de soins et du soutien aux populations à risque et aux personnes vivant avec le VIH.

 

La Directrice Pays de l’ONUSIDA, Madame Margarète Molnar a mis un accent particulier sur l’importance de l’initiative 90-90-90 et a souligné la nécessité de la poursuivre dans un élan de solidarité accrue en direction des PVVIH, de concert avec les autres acteurs de la lutte anti-Sida au Bénin. La Directrice Pays de l’ONUSIDA a cité quelques-uns des impacts des interventions sur l’épidémie du VIH au Bénin, à savoir, baisse de 32,8% des nouvelles infections à VIH entre 2006 et  2014, et enfin, baisse de 46,6% du nombre de décès entre 2006  et 2014, baisse de 42,9% de la prévalence chez les femmes enceintes entre  2006 à 2014. A propos des acquis de la lutte contre le VIH/Sida au Bénin, elle a rappelé le rôle important du CNLS en tant qu’institution rattachée à la Présidence de la République. Elle a noté qu’outre le soutien constant des partenaires techniques et financiers (PTF) aux différentes activités de lutte contre le VIH/Sida au Bénin, les unités focales de lutte contre le Sida (UFLS), des organisations à base communautaire, des organisations de la société civile et des populations clés, ainsi que les interventions en direction des populations clés ont eu un renforcement de capacité dans la mise en œuvre des activités de lutte contre les IST/VIH/Sida.

 

Enfin, le Ministre de la Santé a procédé à l’ouverture officielle des travaux en sollicitant le renforcement de la mobilisation des acteurs à tous les niveaux de la pyramide sanitaire et des Partenaires Techniques et Financiers afin que les acquis soient maintenus et que les difficultés soient résolues progressivement pour un lendemain meilleur dans la prévention du VIH/Sida au Bénin.

 

Recommandations

A l’issue des riches débats et contributions des intervenants, les recommandations suivantes ont été formulées:

  • Mobiliser suffisamment de ressource pour la pérennisation de la riposte, en particulier la prévention combinée, en direction des adolescents et jeunes, du monde du travail pour une amélioration des connaissances, une meilleure utilisation des préservatifs, meilleur accès au dépistage ;
  • Prendre des dispositions pour une recherche active des perdus de vue et lutter contre la stigmatisation et la discrimination ;
  • Accélérer la prise en charge pédiatrique et renforcer l’intégration du privé dans les interventions de prise en charge et de prévention de la transmission mère-enfant (PTME) ;
  • Alléger les procédures d’acquisition des intrants (ARV et Réactifs) et autres molécules sur le budget national ;
  • Prendre des dispositions pour améliorer la consommation des ressources mobilisées ;
  • Augmenter les apports du budget national à la riposte et les répartir proportionnellement à tous les niveaux de coordination ;
  • Renforcer l’accompagnement communautaire pour un meilleur suivi du couple mère-enfant ;
  • Revoir l’arrêté portant création, fonctionnement et organisation du Comité National d’Approvisionnement en Produits de santé ainsi que ses sous-comités techniques aux fins de le rendre plus opérationnel ;
  • Définir un cadre d’échanges périodiques entre le Conseil national de coordination et d’orientation (CNCO) et les cabinets des Ministères de la Santé et des Finances ;
  • Mettre en application le nouveau décret du CNLS en vue d’une meilleure gouvernance de la riposte.