Épidémie de fièvre Lassa maîtrisée au Benin grâce à une stratégie holistique

 Séances de mobilisation des acteurs techniques des départements (Photo: OMS Bénin)

La deuxième épidémie de fièvre hémorragique à virus Lassa (FHVL) que vit le Bénin depuis le début de l’année 2016 concerne 29 communes sur les 77 que compte le pays, soit 38%. L’épicentre de l’épidémie se trouve dans le Borgou-Alibori, avec les communes de Tchaourou et de Parakou qui sont les plus touchées. L’Hôpital Saint Martin de la zone sanitaire de Papané a reçu et pris en charge les premiers cas venus des localités voisines du Nigéria. Parmi les 54 cas enregistrés figurent cinq agents dont deux décédés à l’hôpital Saint Martin. 

 

Contributions des Partenaires à la riposte

 

Le Gouvernement du Bénin, à travers les Ministères de la Santé, de l’Intérieur, de la Communication, de l’Elevage ainsi que les partenaires au développement du pays se sont impliqués à divers niveaux dans la préparation de la riposte. Organisée autour de douze éléments dont la surveillance épidémiologique et la prise en charge rapide de différents cas grâce à une équipe multidisciplinaire encadrée, la riposte a été appuyée par les agences du Système des Nations Unies (SNU), entre autres, l’OMS, l’UNICEF, l’UNFPA, ainsi que les coopérations bilatérales et multilatérales, les ONG nationales et internationales, entre autres, ANCRE, Caritas Bénin, CDC Atlanta, Corps de la Paix,  Croix Rouge, Médecins du Monde, OXFAM Québec, Plan International Bénin, USAID, les Ambassades (France, Allemagne, Japon, Belgique, Pays-Bas, Chine, USA, etc.). Les préfectures et les mairies, le personnel des hôpitaux, les élus locaux et autres leaders d’opinion se sont également mobilisés pour accompagner le Gouvernement à organiser la riposte multidimensionnelle.

 

Contribution de l’OMS à l’organisation de la riposte

 

En tant qu’agence des Nations Unies chef de file dans le domaine de la santé, l’OMS, à différents niveaux, pays, sous-bureau de Ouagadougou, bureau régional pour l’Afrique, siège à Genève) a apporté un appui sur plusieurs aspects de l’organisation de la riposte, à savoir, technique, humain, financier, matériel, logistique et administratif.  Dès le premier cas identifié, suivi de l’alerte du 27 janvier 2016 du Ministre de la Santé, une équipe de l’OMS est descendue à Papané et a confirmé la sévérité de l’épidémie. L’OMS a alors initié et contribué en accord avec le Gouvernement à la mise en place d’un Comité de Commandement Opérationnel et de Suivi de la Crise (CCOS) Lassa à Papané, à Parakou pour la Coordination départementale (Borgou/Alibori) et au niveau national.

 

Le CCOS Lassa s’est réuni quotidiennement durant toute la crise à l’OMS Bénin, puis, sur une base hebdomadaire, selon l’évolution de la crise. Deux experts épidémiologistes de l’OMS ont été affectés dans le Borgou/Alibori. Pour un meilleur acheminement des informations sur la surveillance des cas et leur prise en charge, l’OMS a doté d’une soixantaine de clés Internet 4G les responsables nationaux et départementaux de la coordination et de la surveillance épidémiologique. Un appui technique et financier a été apporté au Ministère de la Santé pour organiser des points de presse hebdomadaires.

 

L’OMS a pris en charge financièrement pendant dix-sept jours des équipes techniques de l’hôpital de Papané et de la direction départementale de la santé du Borgou/Alibori, le transport des échantillons de leurs lieux de départ jusqu’à Lagos et Irrua et les autres Laboratoires (Nogushi au Ghana, Lyon en France, Hambourg en Allemagne), et assuré la mise à disposition d’un véhicule pour faciliter l’acheminement des échantillons au Nigéria.

 

L’OMS a en outre organisé et appuyé les réunions des six Préfets de tous les Départements du Bénin et des maires des communes affectées, la prise en charge du briefing kit ‘pep talk’  relatif à la vigilance tous azimut et à l’utilisation correcte des Equipements de Protection Individuelle (EPI) des équipes techniques des six Départements regroupés dans quatre pools (Ouidah, Djougou, Abomey et Parakou) sans oublier le briefing de l’équipe départementale de l’Agence Nationale de Protection Civile (ANPC).

 

Le Ministère de la Santé et l’OMS Bénin ont effectué des visites techniques au Laboratoire de virologie de Lagos et d’Irrua au Nigéria, ce qui a permis des échanges entre les deux pays sur le rapport de situation. Dans ce cadre, une mission conduite par le bureau régional de l’OMS a évalué les capacités techniques des laboratoires du Bénin, d’Irrua et de Lagos et a appuyé  l’accélération de la mise en marche du laboratoire du type P3 de Cotonou avec la coopération allemande.

 

Un appui multiforme et efficace

 

Sur le plan matériel, l’OMS Bénin a doté en Equipements de Protection Individuelle (EPI) les structures sanitaires de Borgou-Alibori et de  l’Atacora/Donga où l’épidémie a sévi en novembre 2014. Une mission d’évaluation des stocks et des capacités d’intervention des sites d’isolement conduite par  l’OMS Genève s’est rendue à Abomey, à Papané, au CHUD Borgou/Alibori (Parakou), à l’Hôpital Saint Jean de Dieu de Tanguiéta, dans les Centres de Santé de Djougou, de Natitingou et a organisé le briefing de deux logisticiens nationaux.

 

Dans le domaine de la communication et des médias, l’OMS a initié un appui technique à la documentation de la deuxième épidémie en dépêchant sur le terrain dans le Borgou et l’Alibori, une équipe de spécialistes et d’experts pour faire des reportages sur le témoignage des personnes ayant survécu à la fièvre hémorragique à virus Lassa.