Campagne nationale de reboisement 2016: La FAO contribue par la mise en terre de 196 800 plantes

Au côté des autres agences du SNU, la FAO soutient le reboisement national initié par le Gouvernement pour répondre à la désertification en lien avec l’objectif 13 des ODD

153 456 plantes d’acacia, 13 344 d’eucalyptus, 30 000 de palétuviers rouges et blancs, soit un total de 196 800 plantes mis à terre, telle est la contribution de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) à l’édition 2016 de la campagne nationale de reboisement au Bénin. L’activité rentre dans le cadre du plan de travail 2016 du projet de restauration des mangroves du site Ramsar 1017 en République du Bénin. Financé par la FAO pour une durée de deux ans, le projet vise à mettre en place des mécanismes de gestion durable des écosystèmes de mangroves pour le bien-être et la sécurité alimentaire des populations riveraines. Il s’agit entre autres de proposer d’autres alternatives aux populations qui se servent des bois de mangroves coupées pour sécher le sel et fumer le poisson, détruisant ainsi les écosystèmes. En effet, les poissons n’ont plus d’habitat pour se reproduire, les eaux sortent facilement de leur lit, causant des inondations et le sable envahit facilement les cours des eaux. La FAO a lancé le projet en réponse à cette situation de dégradation de l’environnement et de risque d’insécurité alimentaire. L’exécution du projet a été confié à la direction des forêts et ressources naturelles sous tutelle du Ministère chargé des questions de l’environnement, raison pour laquelle la réception des plantes et leur mise en terre ont été organisées durant le mois de juin marqué par la journée de l’arbre et de la campagne nationale de reboisement.

A Bopa, Grand Popo, Kpètou, Kpomassè et Ouidah, 168 bénéficiaires se sont engagés depuis l’année dernière à mettre en terre et entretenir 378 000 plantes d’acacia et d’eucalyptus, espèces forestières à croissance rapide sur une superficie d’environ 150 ha. Ces plantes constitueront des parcs à bois énergie en vue de détourner les populations de la destruction des mangroves. Le coordonnateur du projet auprès de la FAO, Isaac Arnaud Quenum, a martelé à plusieurs reprises l’importance d’entretenir les plantes, insistant sur l’engagement des bénéficiaires, « Vous avez mis des domaines à disposition et vous vous êtes engagés de vous-même à entretenir ces plants. Soyez des hommes de parole. L’administration veillera avec vous afin que votre environnement puisse tirer profit de ce qui est fait aujourd’hui».

Quant aux populations bénéficiaires, alors que certains ont perçu un intérêt pécuniaire futur quand les plantes deviendront des arbres, d’autres y ont décelé une réponse évidente à la dégradation de l’environnement. Ainsi, Anagonou Véronique chef village de Kpètou dans la commune de Comè a noté, « ce don de la FAO et du gouvernement est pour nous aider à développer d’autres alternatives dont le bois de feu afin de diminuer notre pression sur les mangroves et donc à contribuer à la survie de la pêche qui est l’activité principale des hommes de notre village ». Pour sa part, Samè Avlessi, notable, a exhorté les bénéficiaires, « Ces plantes mises en terre aujourd’hui constitueront désormais la frontière entre nous et le lac Ahémé. Ils empêcheront les eaux de venir nous envahir et le sable d’aller de remplir le lac. Ainsi, j’invite les bénéficiaires à les entretenir surtout le long du lac… ».