Pauvreté, analphabétisme et décès prématurés : selon l’UNICEF, c’est ce qui attend les enfants les plus défavorisés de la planète

 La Représentante de l’UNICEF lors de la présentation du rapport sur la situation des enfants dans le monde (Photo: UNICEF Benin)

Selon les tendances mondiales actuelles, 69 millions d’enfants mourront principalement de causes évitables, 167 millions d’enfants vivront dans la pauvreté et 750 millions de femmes seront mariées pendant leur enfance d’ici 2030, date limite pour l’atteinte des Objectifs de développement durable, et ce à moins que le monde entier ne se préoccupe davantage du sort des enfants les plus défavorisés, explique l’UNICEF dans un rapport publié le 28 juin 2016.

Ce rapport annuel intitulé La situation des enfants dans le monde 2016 : l’égalité des chances pour chaque enfant présente un sombre tableau de ce qui attend les enfants les plus pauvres du monde si les gouvernements, les bailleurs de fond, les entreprises et les organisations internationales n’accélèrent pas leurs efforts pour répondre à leurs besoins.

« Nous devons ensemble instaurer un monde juste c’est-à-dire assurer l’équité pour chaque enfant, pour atteindre les communautés les plus pauvres, les plus isolées, là où les enfants sont les plus vulnérables, ceux qui sont dans le besoin », a affirmé la Représentante de l’UNICEF au Bénin, Dr Anne Vincent lors du lancement du document qui s’est déroulé à l’UNICEF à Cotonou.

« Ces données alarmantes doivent être communiquées au grand public pour provoquer le changement et l’action en faveur des enfants les plus pauvres », a plaidé Dr Anne Vincent. « Nous avons un choix à faire : investir dans ces enfants immédiatement ou laisser l’humanité devenir plus inégalitaire et plus divisée », a-t-elle ajouté.

Au Bénin, les enfants vivant dans les ménages les plus pauvres courent deux fois plus de risque de mourir avant cinq ans comparés à ceux vivant dans les foyers les plus riches. De plus, les enfants issus des ménages les plus pauvres ont près de deux fois moins de chance d’être scolarisés à l’école primaire et encore trois fois moins de chance pour l’école secondaire (Etude MICS 2014).

C’est en Afrique subsaharienne que les perspectives sont les plus préoccupantes : au moins 247 millions d’enfants – soit deux sur trois – vivent dans la pauvreté, privés de ce dont ils ont besoin pour survivre et se développer. Si les tendances actuelles se maintiennent, le rapport prévoit que d’ici 2030, l’Afrique subsaharienne représentera :

  • Près de la moitié des 69 millions d’enfants qui mourront avant leur cinquième anniversaire, principalement de causes évitables ;
  • Plus de la moitié des 60 millions d’enfants en âge de fréquenter l’école primaire qui ne seront toujours pas scolarisés ;
  • Neuf sur dix des enfants vivant dans l’extrême pauvreté.

Bien que l’éducation joue un rôle unique pour donner des chances égales aux enfants, le nombre d’enfants qui ne sont pas scolarisés a augmenté depuis 2011 et une part importante de ceux qui fréquentent l’école n’y apprennent rien. Aujourd’hui, environ 124 millions d’enfants ne fréquentent pas l’école primaire ni le premier cycle de l’enseignement secondaire. Près de deux enfants sur cinq ayant terminé l’école primaire n’ont appris ni à lire, ni à écrire, ni à faire de simples opérations arithmétiques.

En moyenne, chaque année supplémentaire de scolarité que reçoit un enfant augmente ses revenus d’environ 10% à l’âge adulte. Enfin, pour chaque année de scolarité supplémentaire effectuée par les jeunes adultes d’un pays, les taux de pauvreté de ce pays baissent de 9 %. Investir dans les enfants les plus vulnérables est bénéfique, dans l’immédiat et à long terme.