Dissémination des résultats de l’enquête nationale sur la vulnérabilité et la sécurité alimentaire au Bénin

UNCT-BJ_Dissémination_résultats_enquête_AGVSA 2017-2018Le riz fait partie des aliments de base au Bénin. Crédit Photo : PNUD Bénin/Giacomo Pirozzi

 

Les résultats de l’enquête nationale sur la vulnérabilité et la sécurité alimentaire au Bénin rendus publics ce jour 15 mai 2018 à l’hôtel Azalai de Cotonou par le Ministère du Plan et du Développement en collaboration avec le Programme Alimentaire Mondial ont révélé que 1,09 millions de personnes soit 9,6% de la population béninoise sont en insécurité alimentaire. Le rapport de l’étude préconise la mise en place d’une approche multisectorielle pour lutter contre l’insécurité alimentaire en développant la production locale et l’accessibilité des populations aux produits alimentaires ; la nutrition et le renforcement de la résilience dans les zones vulnérables.

Au cœur de l’agenda de développement 2030, adopté en septembre 2015 par les Chefs d’Etat et de Gouvernement, figure l’Objectif de Développement Durable N° 2, qui vise à éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir l’agriculture durable à l’horizon 2030. Le Coordonnateur Résident du Système des Nations Unies au Bénin, M. Siaka Coulibaly a salué les efforts du Gouvernement pour la mise en œuvre de l’agenda 2030 au Bénin, qui se concrétisent à travers la priorisation des cibles des Objectifs de Développement Durable (ODD) et l’évaluation des besoins pour l’atteinte des ODD au Bénin. Il a réitéré l’engagement du Système des Nations Unies à renforcer la coopération avec le Gouvernement du Bénin, les autorités locales, les partenaires au développement, la société civile, dans un esprit de partenariat constructif basé sur le principe de «Ne Laisser Personne de Côté ». 

Conduite par l’Institut National de la Statistique et de l’Analyse Economique (INSAE), l’enquête a porté sur 15 000 ménages répartis sur l’ensemble du territoire national. Pour la Directrice Générale de l’INSAE, Mme Armelle Ahamidé « l’Analyse Globale de la Vulnérabilité et de la Sécurité Alimentaire au Bénin vise à mettre à jour les informations sur la sécurité alimentaire et de mieux comprendre l’impact des chocs récents, que ce soit d’ordre climatique, économique ou autre, sur la consommation alimentaire des ménages ainsi que sur les stratégies des ménages ».  

Au Bénin, l’insécurité alimentaire n’est pas liée à un manque de disponibilité alimentaire, mais plutôt au manque d’accès des populations à l’alimentation. Les ménages sont soumis à des chocs notamment les inondations, la sécheresse, des pertes de revenus ou encore à des cas de maladie ou de décès des membres de leur famille affectant négativement leur bien-être.

L’étude a permis de constater que les ménages les plus touchés par l’insécurité alimentaire sont des ménages pauvres et vivant uniquement de l’agriculture, des ménages fortement dépendant du marché ou ceux qui dépensent plus de 60% de leurs revenus en alimentation. Les principaux départements les plus touchés par l’insécurité alimentaire sont l’Atacora (24%), le Couffo (16%) et les Collines (15%). L’analyse de la consommation alimentaire par département montre qu’en moyenne, 14,1% des ménages béninois ont une consommation alimentaire inadéquate dont 2,4% une consommation alimentaire pauvre.

Dans son mot d’ouverture de l’atelier, le Secrétaire Général du Ministère M. Zachari Tassou agissant au nom du Ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement, a laissé entendre que le Gouvernement du Bénin est conscient des enjeux liés à la sécurité alimentaire. Il se réjouit du léger recul de l’insécurité alimentaire passant de 11% en 2013 à 9,6% en 2017. Il a enfin pris l’engagement de poursuivre les efforts pour consolider les acquis.

Les principales recommandations de l’étude sont de : (i) renforcer la capacité des ménages agricoles dans la gestion des risques et catastrophes naturelles ; (ii) favoriser la diversification et la pérennisation des revenus des ménages ; (iii) favoriser le désenclavement de certaines zones et améliorer l’accès physique aux marchés ; (iv) valoriser les filières agricoles à haut potentiel économique et (v) sensibiliser les populations vulnérables à une alimentation nutritive.